La main qui donne est au-dessus de celle qui reçoit

L’afrique en général, et le Burkina-Faso en particulier, est bien placée pour connaître toutes les ambigüités de l’aide et des relations qu’elle engendre.
Cette problématique de l’aide avec les possibilités de réel développement qu’elle peut offrir comme les nombreux périls qu’elle génère est assez bien documentée également¹.
Une vraie solidarité reste possible, et c’est dans ce cadre que le projet LibreFaso souhaite réaliser ses partenariats.
Surtout, le Libre permet d’aborder les choses différemment en construisant une contribution commune, et le fait que ces contributions soient de nature variée (monétaire pour les uns et non-monétaires pour d’autres) est une pratique ordinaire et qui a fait ses preuves pour énormément de logiciels et autres éléments du libre.
Tous les partenaires donnant, les uns de leur argent et les autres de leur temps, et l’humanité toute entière (ou au moins l’ensemble des utilisateurs de logiciels libres) bénéficiant du résultat, l’inégalité de statut s’estompe au fur et à mesure que les contributions gagnent en qualité.
Par ailleurs le choix des logiciels et éléments de culture libre auxquels seront dédiés les contributions est fait d’abord selon le critère pédagogique de ce qu’ils peuvent enseigner aux néo-contributeurs, ensuite selon l’utilité qu’ils apportent au peuple du Burkina-Faso, de l’Afrique et du tiers-monde (notamment avec une insistance sur les aspects « lowtech » et d’utilisabilité en conditions dégradées, hors réseau, etc.). Mais pour un volume horaire limité et proportionnel à la contribution financière, il est également envisageable de prioriser des logiciels choisis par les donateurs eux-mêmes, tant qu’ils sont sous une licence libre et non contraires à l’éthique, renforçant ainsi le caractère d’échange entre égaux du projet.

No logo

Le burkin’bila² n’est ni ingrat ni prostitué, et le slogan originel du Burkina-Faso en matière de tourisme « bienvnue au Burkina-Faso, un pays à visiter mais pas à vendre » est pour nous toujours d’actualité.
L »IST et ses étudiants comme les autres partenaires du projet remercient sincèrement tous ceux qui contribuent à sa réalisation, notamment les donateurs.
Ceux qui souhaitent mention publique de leurs noms dans les remerciements auront cette simple publicité qu’ils demandent.
Si certaines contributions sont faites par des entreprises, seront mentionné le nom de la personne qui a décidé et effectué le don, et celui de l’entreprise s’ils le demandent.
Mais il n’y aura pas de mention du logo de l’entreprise, quelle qu’elle soit : le but est de reconnaître la contribution de chacun au projet commun, pas d’être le support d’une communication d’entreprise.
Un texte fait appel à la raison, et il est légitime que les contributions soient mentionnées et reconnues comme telles.
Une image et a fortiori un logo font appel à l’émotion, ce n’est pas le rôle de LibreFaso que de laisser manipuler les émotions de qui s’y intéresse.

¹ Voir ‘Les paysans africains dans les marigots de l’aide » de Bernard Lecomte et Marie-Christine Gueneau, edition l’Harmattan, par exemple, ou « Courtiers en développement » de Pierre-Olivier de Sardan, Bierschenk T., J.-P. Chauveau aux Éditions Karthala.
² Jeune burkinabé, au sens de personne fidèle à l’éducation populaire traditionnelle